Jugements et Critiques

//Jugements et Critiques
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Victor Hugo : ils ont dit…


      • Balzac :
        Dans la Peau de chagrin, le romane de la Comédie humaine fait dire à l’un de ses personnages :
        « Hugo c’est un grand homme ; n’en parlons plus. »
      • Musset :
        Un peu blagueur, Musset, dans Mardoche
        «…… Précisément à l’heure
        où (quand par le brouillard la chatte rôde et pleure)
        Monsieur Hugo va voir mourir Phébus le blond. »
      • « Hernani » et Armand Carzal :
        «Nous ne pouvons pas nier que dans une autre planète, dans Saturne ou dans Jupiter, l’honneur ne fasse faire de telles ; choses ; mais, sur notre globe, tout au plus l’admettrions-nous des plus insensés habitants de Bedlam ou de Charenton. »
      • Alexandre Dumas :
        « C’est à vous, mon cher Hugo, que je dédie mon drame de : la Conscience. Recevez-le comme le témoignage d’une amitié qui a survécu à l’exil et qui survivra même à la mort. Je crois a l’immortalité de l’âme. Minnit, au moment où la toile tombe. »
      • Baudelaire : « L’excessif, l’immense sont le domaine naturel de Victor Hugo ; il s’y meut comme dans son atmosphère natale Le génie qu’il a de tout temps déployé dans la peinture de toute la monstruosité qui enveloppa l’homme est vraiment prodigieux…»
      • Lamartine :
        «J’ai toujours aimé Victor Hugo, et je crois qu’il m’a toujours aimé lui-même, malgré quelques sérieuses divergences de doctrine, de caractère, d’opinion, fugitives comme tout ce qui est humain dans l’homme ; mais par le côté divin de notre nature, nous nous sommes aimés quand même, et nous nous aimerons jusqu’à la fin, sérieusement, sans jalousie, malgré l’absurde rivalité que les hommes à esprit court de notre temps se sont plu à supposer entre nous. »
      • Beranger :
        « La tendance rétrograde de quelques-unes des idées de cette école repoussée longtemps par nos libéraux vieux et jeunes, ne m’avait pas empêché d’applaudir au génie éminemment lyrique de Hugo. »
      • Emile Augier :
        Au banquet qui célébra la reprise solennelle d’Hernani et sa consécration à la Comédie-Française, Emile Augier, assis en face du Maître, prononça les paroles suivantes qui, dans la bouche de celui qui avait partagé, avec Ponsard, la royauté de l’école du bon sens, opposée au romantisme, avaient un prix, particulier :
        « C’était le 25 février 1860, cinquantième anniversaire de la première d’Hernani : Les générations seront succédées, les gouvernements sont tombés, les révolutions se sont multipliées. L’œuvre a survécu à tout et à tous, de plus en plus acclamée, de plus en plus jeune, et il semble qu’elle ait communiqué au poète quelque chose de son éternelle jeunesse. Le temps n’a pas de prise sur vous, cher maître… les résistances furieuses de la première heure, les aigres rébellions de la seconde, se sont fendues dans une admiration universelle ; les derniers réfractaires sont rentrés au giron. Quand La Bruyère, en pleine Académie, saluait, Bossuet père de l’Eglise, il parlait d’avance le langage de la postérité. Vous, cher maître c’est la postérité même qui vous entoure ici, c’est elle qui vous salue et qui vous porte ce toast : au Père ! »
        Sainte-Beuve :
        Quand Sainte-Beuve se présenta à l’Académie Française Victor Hugo était parmi les adversaires à sa candidature.
        « … On a beaucoup reproché à M. Hugo, l’incorrection et les licences du style. Son style, pourtant, ne blesse jamais la grammaire ni le vocabulaire de la langue, et ne présente ni mots, ni tours inusités. Les fautes habituelles sont des fautes de goût : de la trivialité pour du nature, et du précieux pour de la force. »
      • Théophile Gautier :
        qui fut le plus, constant, le plus ardent des apôtres littéraires de Victor Hugo, s’exprimait ainsi, après les Contemplations, La Légende des siècles, les Chansons des rues et des bois, où il saluait la dernière manière du poète :
        « Chez Hugo, les années qui courbent, affaiblissent et rident le génie des autres maîtres, semblent apporter des forces, des énergies et des beautés nouvelles. Il vieillit comme les lions : son front, coupé de plis augustes, secoue une crinière plus longue, plus épaisse et plus formidablement échevelée. Ses ongles d’airain ont poussé, ses yeux jaunes sont comme des soleils dans des cavernes, et, s’il rugit les autres animaux, se taisent. »
      • Hippolyte Rolle :
        Rolle, critique dramatique du Constitutionnel, faisait loi pour de nombreux lecteurs. Voici, par exemple, ce qu’il écrivait le lendemain de Le Rat s’amuse :
        « Après Hernani et surtout après Marion Delorme, le critique essaya de faire entendre à M. Victor Hugo deux bonnes vérités poliment exprimées, comme il convenait à l’égard d’un homme d’un véritable et haut talent. La première, c’est que les essais de M. Victor Hugo révélaient une impuissance et une stérilité absolues dans la conception et dans le développement d’une action dramatique ; la seconde, c’est que M. Victor Hugo avait adopté un système vicieux, qui, au lieu de le conduire à l’original, le poussait au trivial et à l’absurde ; et la conséquence naturelle de ces conseils devait faire retourner M. Victor Hugo à ses odes et à ses romans. »
        M. Victor Hugo n’a tenu aucun compte de ces vérités.
      • Renan :
        Il a écrit dernièrement : Onorate l’altissimo poeto en parlant de Victor Hugo d’après Dante.
        Par contre, il a écrit ailleurs les lignes suivantes, qui ne sont rien moins qu’un éloge :
        « Qu’on se figure un homme à peu près aussi sensé que les héros de M. Victor Hugo, un personnage de mardi gras, un mélange de fou, de jocrisse et d’acteur. »
      • Louis Veuillot :
        Extrait des Odeurs de Paris :
        « On raconte d’un homme de génie que je ne veux pas nommer, parce que je ne crois pas cette histoire, qu’il avait écrit un morceau de piano impossible. Pondant que les deux mains tenaient les deux extrémités du clavier, il fallait donner une note au milieu ; il la donna, en frappant la touche de son nez. Si le fait est vrai, le grand homme à qui on l’impute regretta d’avoir offensé l’art, il bannit de ses œuvres le morceau impossible. M. Hugo, tout au contraire, est fier de ces touches de nez et ses œuvres en sont pleines. »
      • Stendhal :
        Hugo avait vingt et un ans quand Stendhal écrivait de lui les curieuses lignes qui suivent :
        « Le véritable poète du parti ultra, c’est M. Hugo. Ce M. Hugo a un talent dans le genre de celui de Young, l’auteur des Nights Thoughts ; il est toujours exagéré à froid : son parti lui procure un fort grand succès. L’on ne peut nier, au surplus, qu’il ne sache fort bien faire des vers français ; malheureusement, il est somnifère. »
      • Emile Zola :
        On sait la campagne entreprise contre Victor Hugo par M. Emile Zola. En voici un échantillon :
        « Quant à Victor Hugo, il a bu tant de gloire pendant sa vie, qu’il pourrait mourir demain, oublié, sans avoir à se plaindre.
        Victor Hugo, qui a traîné derrière lui des cortèges de fidèles, ne laissera pas un disciple pour reprendre et fonder la religion du Maître. »
      • Vacquerie :
        Vacquerie est plein de Victor Hugo. Rappelons ces fameux vers :
        « Les tours de Notre Dame étaient l’H de son nom.
        …………………………………………………………………………
        Les deux glorieux noms commencent, ô mystère !
        Victor comme Virgile et Hugo comme Homère. »
      • Sainte-Beuve :
        « Les années 1819 et 1820 furent sans doute les plus remplies, les plus laborieuses, les plus ardentes, les plus décisives de la vie du poète. Amour, politique, indépendance, chevalerie et religion, pauvreté et gloire, étude opiniâtre, lutte contre le sort en vertu d’une volonté de fer, tout en lui apparut et grandit à la fois à ce degré de hauteur qui constitue le génie. Tout s’em­brasa, se tordit, se fondit intimement dans son être au feu vulcanien des passions, sous le soleil de canicule de la plus âpre jeunesse, et il en sortit cette nature d’un alliage mysté­rieux, où la lave bouillonne sous le granit, cette armure brû­lante et solide, à la poignée éblouissante de perles, à la lame brune et sombre, vraie armure de géant trempée aux lacs volcaniques. »
      • Paul de Saint-Victor :
        « Là où passait Attila l’herbe ne germait plus. Là où Victor Hugo, Lamartine, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, George Sand, Alfred de Musset ont passé, ne repousseront plus les tristes chardons et les fleurettes artificielles des pseudo-classiques. »
      • Arsène Houssaye :
        « Les œuvres de Victor Hugo sont la fête perpétuelle de l’esprit.
        Si Raphaël peignait aujourd’hui son Parnasse, quelle réjouissante figure il ferait à Victor Hugo, parmi toutes les glorieuses figures de la poésie et de l’art ! »
      • Alexandre Soumet :
        « Je lis et je relis sans cesse votre Cromwell cher et illustre Victor Hugo… Je parierai de votre œuvre michelangesque, comme je parlais autrefois de vos Odes. »
      • Jules Janin :
        Epars, confus, comme tout ce que je jetais sur le papier sa verve un peu brouillonne. Il arrive même parfois qu’ils soient contradictoires. Mais, de l’ensemble, une vive admiration, une tendre affection se dégagent :
        « … On ne pouvait pas lui jurer une haine modérée, on ne pouvait pas l’aimer d’un tiède amour ! Ah ! le monstre ! Ah ! le grand homme ! Oh ! le poète !… Ah ! misérable ! — Il faut lui dresser des autels ; Il le faut traîner aux gémonies. »

2018-05-16T15:32:43+00:00 Catégories : Éloges- jugements|0 commentaire