Anecdotes sur Victor Hugo

//Anecdotes sur Victor Hugo
  • Victor Hugo, la légende des siècles

Anecdotes et bons mots


— Une anecdote racontée par M. Hugo : « Dernièrement, écrit-il (c’était en 1820), je venais de soutenir ardemment, en présence de mon père, mes opinions vendéennes. Mon père m’a écouté parler en silence, puis il s’est tourné vers le général L**** qui était là, et il lui a dit : « Laissons faire le temps. L’enfant est de l’opinion de sa mère, l’homme sera de l’opinion de son père. »

— La Duchesse d’Orléans s’adressant à Victor Hugo :
« Monsieur Victor Hugo, lui dit-elle, n’allez pas croire, au moins, que je suis la personne la plus hugolâtre¹ d’Allemagne. J’ai une amie qui l’est plus que moi encore. C’est elle qui m’a fait lire vos vers pour la première fois. Et combien de journées nous avons passées à les déclamer ensemble ! »

La Bosse de Victor Hugo. On sait que Henri Heine a écrit autrefois dans la Gazette d’Augsbourg que Victor Hugo était bossu, qu’il le tenait de l’éditeur Renduel, qui avait vu le poète changer de chemise. La même assertion vient de se renouveler dans les Mémoires de Phitarète Chasles à propos de notre illustre contempo­rain. Un habitué de la maison de Victor Hugo a cru, pour que la postérité ne soit pas induite en erreur, devoir répondre aux deux délateurs par les vers sui­vants :

La Bosse de Victor Hugo.

Est-il bien vrai que Hugo soit bossu ?
Par deux écrivains on l’a su,
Deux écrivains connus dans la critique.
Heine et Chasles l’ont dit : ça parait sans réplique ;
Cependant mainte et mainte fois,
Pour constater ce défaut d’harmonie,
J’ai regardé son dos, et, pour ma part, je crois,
Qu’il a tout simplement la bosse du génie.

Un Billet de Victor Hugo. Nous avons déjà maintes fois parlé des billets adressés par Victor Hugo à de jeunes poètes qui lui envoyaient leurs productions. Le grand homme ne les lit, certes, jamais ; mais il croit toujours devoir répondre à ces envois par d’hyperbo­liques éloges que les auteurs novices prennent facile­ment pour argent comptant. Notre confrère P. Ristelhuber nous envoie de Strasbourg la copie autographiée d’un billet de ce genre adressé par Victor Hugo à un poète de Mulhouse qui lui avait fait parvenir une publi­cation intitulée le Mois terrible. Voici ce billet, qui ne le cède en rien à ses aînés comme emphatique exagéra­tion :

Paris, le 11 janvier 1875. Monsieur,

J’ai lu avec émotion votre Mois terrible. Vous m’adres­sez de beaux et nobles vers ; il y a en vous le souffle du poète et l’âme du citoyen. Votre espérance est la mienne, votre foi est la mienne.  Échangeons nos vœux, unissons nos efforts et serrons-nous la main. Victor Hugo.

Un Quatrain inédit de Victor Hugo. — C’est à l’indépendance belge que nous empruntons le récit suivant :
« On sait que M. Bonnat, l’éminent peintre français, vient de terminer un magnifique portrait de Victor Hugo. Ce sera une des œuvres capitales du Salon qui doit s’ouvrir à Paris le 12 mai prochain. A la demande d’une personne qui lui a fait connaître l’usage qu’elle en voulait faire, M. Bonnat a consenti à faire tirer de ce tableau une épreuve photographique spéciale qu’il a signée. De son côté, le grand poète a écrit de sa main, au bas de cette épreuve, les quatre vers suivants, qu’il a également signés :

Peuple, il est deux trésors, l’un clarté, l’autre flamme,
Qu’il ne faut pas laisser décroître dans notre âme,
Et qui sont dans nos cœurs chacun une moitié :
C’est la sainte colère et la sainte pitié.
Victor Hugo

 

¹Partisan aveugle des ouvrages et des théories littéraires de Victor Hugo.

2018-05-16T10:17:52+00:00 Catégories : Anecdotes - bons mots |0 commentaire